Qu'est-ce que le militaria ? Définition, périodes, règles

Par Augustin, fondateur d'Athena Militaria Publié le , mis à jour le

Le mot est sur l'affiche de la bourse, dans l'annonce, dans la lettre du notaire, et personne ne prend le temps de le définir. Le militaria, ce sont les objets militaires que l'on garde et que l'on échange pour ce qu'ils racontent : ce qu'un soldat a porté, reçu, utilisé ou écrit. Cette page pose les repères de base, que vous héritiez d'une malle ou que vous pensiez à une première collection.

Cadre souvenir ovale de Jean Jouvenel, classe 1907, avec sa photographie, la croix du combattant, la médaille interalliée et la médaille commémorative de la Grande Guerre
Cadre souvenir de Jean Jouvenel, classe 1907, qui « a fait Verdun et tout le front français » : sa photographie, la croix du combattant, la médaille interalliée et la médaille commémorative, dans un ovale imprimé aux noms des batailles. Un objet de militaria typique d'une famille française (Europeana 1914-1918). Europeana 1914-1918, domaine public

Le mot et la chose

Prenez une médaille, une seule, et posez-la sur la table. C'est déjà du militaria. « Militaria » est un pluriel latin, formé sur militaris, « qui concerne le soldat ». Le mot est passé tel quel en français et en anglais pour nommer l'ensemble des objets militaires devenus objets de collection. Il ne se met pas au pluriel, et il n'a pas de singulier.

Il désigne des objets, pas des armes de guerre en état de tir, qui relèvent d'une réglementation propre, ni le matériel militaire récent vendu pour servir encore, qu'on appelle surplus. La frontière bouge, et on y revient plus bas.

Ce que l'on collectionne

Ouvrez une malle de grenier. Je l'ai fait assez souvent pour le dire : ce qui en sort se range presque toujours dans l'une de ces familles, qui sont aussi celles des catégories du catalogue :

Ces objets ont leur vocabulaire, et les annonces l'emploient sans l'expliquer : bombe, cimier, poinçon, refrappe, nominatif. Le lexique du militaria définit chaque mot en une phrase.

Les périodes

On collectionne rarement « le militaria » en général. On collectionne une période, une armée, un type d'objet, et l'on finit par connaître cet objet-là mieux que la plupart des vendeurs. En France, les grands ensembles sont les suivants.

Militaria, surplus, reconstitution : trois marchés voisins

Trois mots se côtoient dans les mêmes boutiques, parfois sur le même portant, et ne désignent pas la même chose.

  1. Le surplus militaire, c'est du matériel réformé, récent ou contemporain, vendu pour servir : une veste pour le jardin, un sac pour la randonnée. Il devient militaria le jour où l'on cesse de l'user pour le garder, et ce jour met des décennies à venir.
  2. La reconstitution emploie des reproductions, fabriquées aujourd'hui pour être portées lors de commémorations et de spectacles historiques. Rien à redire tant qu'elles sont vendues pour ce qu'elles sont. Le problème commence quand elles vieillissent et changent de mains : une copie de vingt ans, salie, portée, passe facilement pour une pièce d'époque. Le guide reconnaître un faux donne la méthode pour les distinguer.
  3. Le militaria proprement dit, ce sont les pièces d'époque, avec leur usure et leur histoire. C'est le seul des trois marchés où l'authenticité fait le prix.

Ce que la loi encadre

La plupart des objets militaires se collectionnent et se vendent librement en France : casques, uniformes, décorations, insignes, papiers, équipements. Trois domaines font exception. Apprenez-les avant d'acheter ou de vendre, pas après.

Le détail, catégorie par catégorie, est dans le guide vendre du militaria en France : ce que dit la loi.

Le militaria est-il un placement ?

Non. Autant le savoir avant. On me pose la question souvent, en général avec une malle à portée de main, et la réponse déçoit : le marché est étroit, les prix suivent la mode des collectionneurs, la revente prend du temps et coûte des frais. Certaines pièces ont pris beaucoup de valeur en vingt ans, d'autres ont baissé, et personne ne savait à l'avance lesquelles. Ceux qui s'en sortent bien connaissent leur sujet mieux que le vendeur, et ce savoir se paie en heures, pas en euros.

Collectionnez pour l'histoire ; si la valeur suit, tant mieux. Et quand une question de prix se pose malgré tout, pour une succession, une assurance ou une vente, la seule méthode fiable est décrite dans le guide estimer un objet militaire : des ventes réellement conclues, jamais des prix demandés.

Par où commencer

On achète du militaria dans les bourses et salons spécialisés, chez les marchands, aux enchères, dans les brocantes, et sur les sites d'annonces entre collectionneurs comme celui-ci. On y vend de la même façon. Avant le premier achat, trois lectures vous éviteront les erreurs les plus chères : commencer une collection, reconnaître un faux, et, si vous partez d'une malle de famille, héritage militaire : par où commencer.

Questions fréquentes

Que veut dire le mot militaria ?

C'est un pluriel latin, formé sur militaris, « relatif au soldat ». Il désigne l'ensemble des objets militaires conservés et échangés pour leur intérêt historique : coiffures, uniformes, équipements, décorations, insignes, armes blanches, armes neutralisées, documents et photographies. Le mot est invariable : on écrit « le militaria », « du militaria », jamais « des militarias ».

Quelle différence entre militaria et surplus militaire ?

Le surplus est du matériel réformé récent, vendu pour être utilisé. Le militaria, ce sont les pièces d'époque conservées pour leur histoire. Le même objet passe de l'un à l'autre avec le temps, le jour où il cesse d'être porté pour être collectionné.

Collectionner du militaria est-il légal en France ?

Oui pour l'immense majorité des objets : casques, uniformes, décorations, insignes, équipements, papiers. Les armes à feu relèvent des catégories du code de la sécurité intérieure : celles d'avant 1900 s'achètent librement par un majeur, les autres ne circulent que neutralisées et déclarées ; les munitions relèvent du déminage ; et les insignes et emblèmes des organisations nazies déclarées criminelles à Nuremberg, ou tout ce qui les rappelle, ne peuvent être portés ni exhibés en public, sauf pour un film, un spectacle ou une exposition à caractère historique.

Quelle période choisir pour débuter une collection ?

La Guerre froide, pour ses prix bas et la rareté des copies, ou la Première Guerre mondiale, pour l'abondance des pièces, de la documentation et des archives en ligne. La Seconde Guerre mondiale et le Premier Empire sont les périodes les plus contrefaites : on y entre après avoir appris, pas avant.

Le militaria est-il un bon investissement ?

Une pièce prend parfois de la valeur, mais ce n'est pas un placement : le marché est étroit, les goûts changent, la revente est lente et coûteuse. On collectionne pour l'histoire. Pour connaître la valeur d'une pièce, on relève des ventes réellement conclues sur des pièces comparables, jamais des prix demandés.

Où achète-t-on et où vend-on du militaria ?

Dans les bourses et salons spécialisés, chez les marchands, aux enchères, en brocante, et sur les sites d'annonces entre collectionneurs. Dans tous les cas, l'identification passe avant le prix, et c'est l'authenticité qui fait le prix.

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